Directeur des soins : rôle, concours CNG, salaire et parcours

Le directeur des soins est un fonctionnaire de catégorie A de la fonction publique hospitalière, recruté par concours national du Centre national de gestion (CNG). Il exerce soit en établissement de santé, où il assure la coordination générale des soins ou seconde le coordonnateur général, soit à la direction d’un institut de formation paramédicale. Lorsqu’il est coordonnateur général des soins, il est membre de l’équipe de direction, préside la CSIRMT et siège de droit au directoire.

Mis à jour : octobre 2026 Lecture : 6 min

Directrice des soins en réunion de directoire avec l'équipe de direction d'un hôpital

L’essentiel en 30 secondes

671 directeurs des soins dans le corps au 1er janvier 2023, dont 623 en poste ✓ CNG · Éléments statistiques DS 2023
2 855 – 3 978 € brut mensuel du 1er au 9e échelon de la classe normale, hors primes ✓ Décret 2022-464 · IM 580 – 808
85 places au concours 2026 (77 en interne, 8 en externe) ✓ Arrêté du 22/01/2026 (JO)
5 ans de services effectifs comme cadre de santé pour le concours interne ✓ Décret 2002-550, art. 9
12 mois de cycle de formation d'élève directeur des soins après l'admission ✓ Décret 2002-550, art. 14
50,7 % des directeurs des soins en poste sont coordonnateurs généraux des soins ✓ CNG · Éléments statistiques DS 2023

Rôle et missions du directeur des soins

Le directeur des soins intervient à une échelle institutionnelle. Selon son poste, il coordonne la politique de soins d’un établissement, assiste le coordonnateur général des soins, conduit une mission transversale ou dirige un institut de formation paramédicale. Tous ne sont pas coordonnateurs généraux : au 1er janvier 2023, cette fonction concernait 50,7 % des directeurs des soins en poste, et 178 des 623 directeurs en poste exerçaient en institut (CNG).

Lorsqu’il exerce comme coordonnateur général des soins, le directeur des soins préside la commission des soins infirmiers, de rééducation et médico-techniques (CSIRMT) et est membre de droit du directoire (code de la santé publique, art. L6143-7-5).

  • Coordination générale des soins, comme CGS : organisation et évaluation des activités infirmières, de rééducation et médico-techniques, en lien avec le projet médical et le projet d’établissement
  • Politique et projet de soins : élaboration, mise en œuvre, évaluation et déclinaison dans les pôles et les équipes
  • Gouvernance, comme CGS : présidence de la CSIRMT, participation de droit au directoire, dialogue avec la CME, les chefs de pôle et les directions fonctionnelles
  • Encadrement et ressources : animation de l’encadrement supérieur, contribution à la politique RH et au pilotage des effectifs paramédicaux
  • Qualité, sécurité et transformation : qualité et sécurité des soins, certification, parcours et projets de transformation, selon le périmètre confié
  • Direction d'institut : projet pédagogique, gouvernance, certification, partenariats universitaires et territoriaux, organisation des formations, gestion des ressources

Une journée type

  1. 8h00
    Point avec le directeur

    Effectifs de la semaine, tensions dans les services, dossiers pour le directoire.

  2. 9h00
    Directoire (comme CGS)

    Arbitrages capacitaires, projet d'établissement, position de la filière soignante.

  3. 11h00
    Réunion des cadres supérieurs

    Indicateurs par pôle, mobilités, situations sensibles.

  4. 12h30
    Rencontre avec un chef de pôle

    Ouverture d'une unité : équipe paramédicale et calendrier.

  5. 14h00
    Projet de soins

    Groupe projet : parcours patient, pratiques avancées.

  6. 16h00
    Qualité et certification

    Écarts relevés, plan d'actions, visite HAS.

  7. 17h30
    Préparation de la CSIRMT

    Ordre du jour, documents, sujets à mettre en débat.

Compétences attendues

Le statut particulier (décret n° 2002-550 du 19 avril 2002 modifié) définit le corps et ses conditions d’exercice, pas le détail des activités. Pour l’exercice en établissement, le Répertoire des métiers de la santé et de l’autonomie décrit le métier de « coordonnateur général des soins ou directeur des soins en établissement(s) ». Les compétences varient ensuite selon le poste : coordination générale des soins, mission transversale ou direction d’institut.

  • Concevoir une politique de soins à l’échelle d’un établissement
  • Manager une ligne hiérarchique de cadres et piloter les effectifs paramédicaux
  • Peser dans les instances : CSIRMT et directoire pour le coordonnateur général, CME, chefs de pôle
  • Piloter la qualité, les risques et la certification HAS dans la durée
  • Conduire des projets de transformation dans un système contraint
  • Diriger un institut de formation : pédagogie, référentiels, partenariats
  • Assurer les gardes de direction et gérer une crise

✓ Sources : décret n° 2002-550 du 19/04/2002 modifié (art. 2, 4, 9 et 14) · fiche concours interne CNG · code de la santé publique art. L6143-7-5 et R6146-10 · Répertoire des métiers de la santé et de l’autonomie.

Salaire du directeur des soins

Le traitement de base est le produit de l’indice majoré (IM) de l’échelon par la valeur du point d’indice, 4,92278 € depuis le 1er juillet 2023. Depuis la réforme de 2022, le corps compte trois grades : classe normale (IM 580 à 808), hors classe (IM 673 à 835) et classe exceptionnelle. Les grades et emplois les plus élevés comprennent ensuite des échelons hors échelle, dont le traitement dépend de chevrons et de conditions statutaires spécifiques. Les coordonnateurs généraux des plus gros établissements peuvent être nommés sur un emploi fonctionnel, cinq ans renouvelables dans la limite de dix ans (décret n° 2014-8 du 7 janvier 2014). S’ajoutent le CTI et le régime indemnitaire.

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Traitement de base d'après le décret n° 2022-464 du 31/03/2022 et le point à 4,92278 € (depuis le 01/07/2023). Les grades et emplois les plus élevés comprennent des échelons hors échelle : leur traitement dépend de chevrons et de conditions statutaires spécifiques, ils ne sont pas simulés dans cet outil. Hors CTI, indemnités et supplément familial. Montants calculés à la date de mise à jour de la page sur la base de la valeur du point d'indice et des grilles indiciaires applicables.

Où exerce un directeur des soins ?

Centre hospitalier et CHU

445 directeurs en établissement au 1er janvier 2023, dont 316 coordonnateurs généraux des soins et 129 non coordonnateurs (adjoints, missions transversales).

Instituts de formation

178 directeurs en institut : 119 coordonnent plusieurs instituts (IFSI, IFAS, IFCS), 59 en dirigent un seul.

Positions hors établissement

Détachement ou mise à disposition (ARS, ministère) : 48 directeurs, soit 7 % du corps.

Et dans les établissements privés ?

Le corps des directeurs des soins relève de la fonction publique hospitalière et concerne les établissements publics de santé et médico-sociaux. Les établissements privés non lucratifs (ESPIC, associations, fondations) et les cliniques privées ont aussi des fonctions de direction des soins, aux responsabilités proches : politique de soins, organisation des équipes, qualité et sécurité, coordination avec les médecins et la direction, conduite des transformations.

Le statut, la classification, la rémunération et les modalités d’évolution y relèvent de la convention collective et des accords de l’établissement, pas du décret relatif aux directeurs des soins de la FPH.

Accéder au corps par le concours CNG

Le concours est national et annuel. En interne, il est réservé aux membres des corps de cadres de santé et cadres de santé paramédicaux comptant au moins cinq ans de services effectifs au 1er janvier de l’année du concours. En externe (10 % des places au plus), il faut le diplôme de cadre de santé, dix ans d’exercice paramédical dont cinq comme cadre. En 2026, 85 places sont offertes, dont 77 en interne. Le grade de cadre supérieur n’est pas exigé. Les épreuves évaluent la culture hospitalière, l’analyse de dossiers, la capacité de management, le projet professionnel et l’aptitude à exercer des fonctions de direction ; leurs modalités détaillées sont précisées chaque année par l’avis d’ouverture du CNG.

Concours : où en êtes-vous ?

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Devenir directeur des soins : le parcours en bref

Exercer comme cadre de santé

Diplôme de cadre, encadrement d’une unité : l’ancienneté dans le corps court.

Élargir son expérience (facultatif)

Cadre supérieur, cadre soignant de pôle, mission transversale ou direction d’institut : des expériences utiles au dossier, sans être obligatoires.

Réussir le concours national du CNG

Cinq ans de services effectifs comme cadre. Modalités précisées chaque année par l’avis d’ouverture du CNG.

Suivre le cycle de formation (12 mois)

Élève directeur des soins à l’École des hautes études en santé publique.

Prendre sa première affectation

Établissement ou institut, sur les postes publiés par le CNG.

Se former en continu : nos formations pour les directions

Le concours ouvre le corps, la fonction se tient ensuite dans les instances, les projets et les crises. Notre sélection pour les directeurs des soins :

IA & Transformation Direction hospitalière : conduire le changement et piloter un projet outillé par l'IA générative Structurer une transformation et l'outiller. Voir la formation →
Organisation & Parcours Faire vivre un projet dans la durée : pilotage visuel, engagement et mesure d'impact Tenir un projet de soins au-delà du lancement. Voir la formation →
Qualité & Certification Piloter et faire vivre la qualité dans la durée : au-delà des temps de certification HAS Installer une culture qualité au-delà de la visite. Voir la formation →
Qualité & Certification Préparer une visite de certification HAS sans tension : organisation, posture et entraînement Organiser la préparation et entraîner les équipes. Voir la formation →
Situations exceptionnelles Cellule de Crise Hospitalière (SSE) : gouvernance, prise de décision et coordination Tenir sa place en cellule de crise et décider. Voir la formation →
IA & Transformation Manager avec l'IA générative : préparer et piloter les Instances Hospitalières Préparer directoire, CSIRMT et CODIR, et mieux les animer. Voir la formation →

Évolution de carrière

Le parcours type part de l’encadrement de proximité. Les étapes intermédiaires préparent au concours sans être obligatoires :

Départ Cadre de santé Voir la fiche métier →
Expériences possibles Cadre supérieur de santé Voir la fiche métier →
Vous êtes ici Directeur des soins Coordination des soins, direction d'institut, mission transverse ou appui à la coordination générale
Évolutions possibles Coordonnateur général des soins, emploi fonctionnel Selon les postes ouverts, les conditions statutaires et les voies de recrutement propres à chaque corps

Questions fréquentes

Quel est le salaire d'un directeur des soins ?
En classe normale, le traitement de base va de 2 855 € brut mensuels au 1er échelon (IM 580) à 3 978 € au 9e (IM 808). La hors classe va de 3 313 € (IM 673) à 4 111 € (IM 835). Au-delà, les grades et emplois les plus élevés comprennent des échelons hors échelle, dont le traitement dépend de chevrons et de conditions statutaires spécifiques. Hors CTI et indemnités.
Comment devenir directeur des soins ?
Par le concours national du CNG. En interne, il faut appartenir au corps des cadres de santé ou des cadres de santé paramédicaux et compter cinq ans de services effectifs au 1er janvier de l’année du concours. Les admis suivent douze mois de formation, puis sont affectés. En 2026, 85 places sont offertes (arrêté du 22 janvier 2026).
Quelle est la différence entre directeur des soins et cadre supérieur de santé ?
Le cadre supérieur de santé est un grade du corps des cadres de santé : il encadre des cadres, dans un pôle ou sur une mission transversale. Le directeur des soins relève d’un corps de direction distinct : il intervient à l’échelle de l’établissement ou d’un institut et, lorsqu’il est coordonnateur général, préside la CSIRMT et siège au directoire. On devient directeur des soins par concours, pas par avancement, et le grade de cadre supérieur n’est pas exigé pour s’y présenter.
Quel est le rôle du directeur des soins au directoire ?
Le coordonnateur général des soins est membre de droit du directoire. En tant que président de la CSIRMT, il y porte les enjeux de politique de soins, d’organisation paramédicale, de qualité, de ressources et de transformation (code de la santé publique, art. L6143-7-5). La composition détaillée du directoire dépend du statut de l’établissement, CHU ou non. Les directeurs des soins qui ne sont pas coordonnateurs généraux n’y siègent pas de droit.
Peut-on être directeur des soins sans être infirmier ?
Oui. Le statut exige le diplôme de cadre de santé et une expérience dans une profession infirmière, de rééducation ou médico-technique (décret n° 2002-550, art. 9). Un cadre kinésithérapeute, manipulateur radio ou technicien de laboratoire peut donc se présenter.

Textes et références

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