Chef de service hospitalier : rôle, nomination, salaire et formation

Le chef de service hospitalier est un médecin, pharmacien ou odontologiste désigné pour diriger un service ou une structure interne, principalement dans les centres hospitaliers et les centres hospitaliers universitaires. Depuis la loi Rist du 26 avril 2021, le service est « l’échelon de référence » pour la qualité des soins, l’encadrement de proximité et la qualité de vie au travail. Le chef de service le dirige en étroite collaboration avec le cadre de santé, au sein d’un pôle.

Mis à jour : septembre 2026 Lecture : 11 min

Chef de service hospitalier en réunion avec le cadre de santé et l'équipe médicale du service

L’essentiel en 30 secondes

50 223 praticiens hospitaliers en exercice au 1er janvier 2025, le vivier des chefs de service ✓ CNG · Éléments statistiques PH 2025
4 634 – 9 368 € brut mensuel du 1er au 13e échelon de praticien hospitalier (temps plein), hors indemnités ✓ Arrêté du 8 juillet 2022, annexe II (montants au 01/07/2023)
200 € brut par mois : indemnité de fonction de chef de service, versée par l'établissement ✓ Arrêté du 4 novembre 2021 · art. D6146-5-1 CSP
4 ans de mandat, renouvelable, sur décision conjointe du directeur et du président de CME ✓ Art. R6146-4 CSP · décret n° 2022-202
2 mois après la nomination : délai pour que le directeur propose une formation au chef de service ✓ Art. R6146-4 CSP · décret n° 2022-202
56,2 % de femmes parmi les praticiens hospitaliers (48 % en 2015) ✓ CNG · Éléments statistiques PH 2025

Rôle et missions du chef de service hospitalier

Le chef de service reste un clinicien : il consulte, opère, assure ses gardes. Il porte en plus la responsabilité médicale et organisationnelle d’une structure interne. L’article L6146-1-1 du code de la santé publique lui confie, avec le cadre de santé, la concertation interne et le dialogue avec les équipes. Il est associé au projet d’établissement, et le chef de pôle peut lui déléguer sa signature pour le contrat de pôle. Le temps consacré à la fonction est comptabilisé dans ses obligations de service (article D6146-5-1).

  • Organisation médicale du service : tableau de service, permanence des soins, répartition des activités, filières et parcours patients
  • Encadrement de l'équipe médicale : praticiens, internes et étudiants : accueil, supervision, évaluation, gestion des tensions
  • Binôme avec le cadre de santé : co-pilotage du service, arbitrages quotidiens, concertation interne
  • Qualité et sécurité des soins : pertinence des actes, événements indésirables, revues de morbi-mortalité, certification HAS
  • Contribution au pôle : contrat de pôle, objectifs d’activité, projet médical, dialogue avec le chef de pôle et la direction
  • Qualité de vie au travail : attractivité du service, conditions de travail, prévention des risques psychosociaux

Une journée type

  1. 7h45
    Staff médical

    Tour des patients avec les praticiens et les internes, décisions cliniques, répartition de la journée.

  2. 9h00
    Activité clinique

    Consultations, bloc ou visite : le chef de service garde une activité médicale à part entière.

  3. 11h30
    Point avec le cadre de santé

    Effectifs, lits disponibles, situations sensibles, arbitrages sur l'organisation du service.

  4. 13h00
    Tableau de service

    Ajustement de la permanence des soins, absences, demandes de formation des praticiens.

  5. 14h30
    Réunion de pôle

    Suivi du contrat de pôle, activité, recrutements médicaux, projets d'investissement.

  6. 16h00
    Qualité et sécurité

    Revue de morbi-mortalité, analyse d'un événement indésirable, préparation de la certification.

  7. 17h30
    Entretien avec un praticien

    Projet professionnel, intégration d'un nouvel arrivant ou régulation d'une tension dans l'équipe.

Compétences attendues du chef de service

Il n’existe ni diplôme ni référentiel de chef de service : la fonction repose sur la légitimité clinique, complétée par des compétences managériales que les études de médecine n’enseignent pas. L’article D6146-5-1 le reconnaît en prévoyant une formation à la prise de fonction « adaptée à l’exercice de hautes responsabilités ».

  • Poser un cadre managérial clair avec l’équipe médicale : rôles, règles, priorités
  • Co-piloter le service avec le cadre de santé sans confusion des périmètres
  • Organiser la permanence des soins et le tableau de service malgré la pénurie médicale
  • Piloter la pertinence, la qualité et la sécurité des soins du service
  • Négocier avec le chef de pôle et la direction : objectifs, moyens, recrutements
  • Conduire des réunions utiles, arbitrer et décider en environnement contraint

✓ Sources : articles L6146-1 et L6146-1-1 du code de la santé publique (loi n° 2021-502 du 26 avril 2021) · articles R6146-4 et D6146-5-1 CSP (décret n° 2021-1437 du 4 novembre 2021, décret n° 2022-202 du 17 février 2022).

Salaire du chef de service hospitalier

Le chef de service n’a pas de grille propre : il est rémunéré selon son statut, le plus souvent praticien hospitalier. Les émoluments des PH sont fixés en montants annuels bruts par l’arrêté du 8 juillet 2022 (annexe II, montants au 1er juillet 2023, inchangés depuis) : 13 échelons, de 55 607,79 € à 112 416,56 € brut par an, soit 4 634 € à 9 368 € brut par mois à temps plein. L’avancement est automatique : deux ans par échelon jusqu’au 8e, quatre ans du 9e au 12e (article R6152-21 CSP).

S’y ajoute l’indemnité de fonction de chef de service : 200 € brut par mois pendant le mandat (arrêté du 4 novembre 2021), cumulable avec les autres indemnités managériales dans la limite de 1 000 € brut par mois. Selon la situation s’ajoutent l’indemnité d’engagement de service public exclusif (1 010 € brut par mois), les gardes et les astreintes.

Estimez votre rémunération brute mensuelle

Sélectionnez votre échelon : émoluments mensuels bruts, avec ou sans l'indemnité de fonction de chef de service.

Les praticiens hospitaliers n'ont pas d'indice majoré : les valeurs sont les émoluments annuels bruts de l'annexe II de l'arrêté du 8 juillet 2022 (montants au 01/07/2023) divisés par 12, arrondis à l'euro. La ligne « chef de service » ajoute l'indemnité de 200 € brut par mois (arrêté du 4 novembre 2021). Hors service public exclusif, gardes, astreintes et part variable.

Où exerce un chef de service hospitalier ?

Centre hospitalier

Le cas le plus fréquent : service de médecine, de chirurgie, d’urgences ou de psychiatrie, rattaché à un pôle. Près de deux PH sur trois exercent hors CHU/CHR (CNG, 2025).

CHU et CHR

Plus d’un tiers des PH (36,4 %) y exercent. Le chef de service y articule soins, enseignement et recherche, aux côtés de praticiens hospitalo-universitaires.

Organisation dérogatoire

Quand le directeur et le président de CME organisent librement le fonctionnement médical, le chef de service peut être responsable de département ou d’unité fonctionnelle, avec le même mandat de quatre ans.

Et dans les établissements privés ?

Les fonctions de chef de service définies par le code de la santé publique concernent les établissements publics de santé, où le chef de service est nommé parmi les praticiens hospitaliers. Les établissements privés non lucratifs (ESPIC, associations, fondations) ont aussi des chefs de service, médecins salariés aux responsabilités proches : organisation médicale du service, coordination avec l’encadrement soignant, qualité et sécurité des soins, animation de l’équipe médicale.

Dans les cliniques privées, où la plupart des médecins exercent en libéral, l’organisation repose plutôt sur la conférence médicale d’établissement et sur des responsables de spécialité ou de plateau. Dans tous les cas, le statut, la rémunération et la durée des fonctions relèvent du contrat, de la convention collective et des accords de l’établissement, pas du statut de praticien hospitalier.

Nomination et prise de poste : préparer son mandat

La plupart des chefs de service arrivent à la fonction par légitimité clinique, sans avoir été formés à manager. Ils découvrent en même temps le tableau de service, le binôme avec le cadre, les attentes du pôle et les arbitrages budgétaires. Les premiers mois fixent la posture : mieux vaut les préparer que les subir.

Où en êtes-vous dans votre prise de poste ?

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Devenir chef de service : le parcours en bref

Être praticien titulaire

Praticien hospitalier (concours national géré par le CNG) ou hospitalo-universitaire, avec une expérience clinique reconnue.

Être proposé et nommé

Décision conjointe du directeur et du président de la CME, après avis du chef de pôle (article R6146-4 CSP).

Se former à la prise de fonction

Dans les deux mois, le directeur propose une formation adaptée à ses fonctions (articles R6146-4 et D6146-5-1).

Exercer un mandat de 4 ans

Renouvelable dans les mêmes conditions. Fin anticipée possible dans l’intérêt du service, sur décision conjointe.

Se former : nos formations pour chefs de service

Personne n’apprend à diriger un service pendant l’internat. Nos formations sont pensées pour des praticiens qui manquent de temps : deux jours, des situations réelles, des pairs.

Management & Leadership Prendre son poste de chef de service : manager sans y avoir été préparé Poser sa posture, ses priorités et son organisation dès les premiers mois du mandat. Voir la formation →
Management & Leadership Collaborer efficacement entre cadre de santé et chef de service Régler le binôme : qui décide quoi, comment on se parle, comment on arbitre. Voir la formation →
Management & Leadership Collaborer efficacement entre chef de service et chef de pôle Négocier objectifs et moyens, faire remonter les contraintes du service au pôle. Voir la formation →
Management & Leadership Conduire des réunions d'équipe utiles et structurantes (avec IA) Des staffs et réunions de service qui décident, avec un compte rendu produit en quelques minutes. Voir la formation →
Management & Leadership Leadership en environnement hospitalier contraint Tenir sa ligne face à l'équipe médicale, au pôle et à la direction quand les moyens manquent. Voir la formation →
IA & Transformation Manager avec l'IA générative : préparer et piloter les Instances Hospitalières (CME, CDU, CODIR, qualité) Préparer ses dossiers de CME et de pôle en un temps réduit, sans perdre en rigueur. Voir la formation →
Management & Leadership Animer une équipe au quotidien quand il n'y a plus de leviers motivationnels Maintenir l'engagement de l'équipe médicale et soignante sans primes ni promesses. Voir la formation →
Management & Leadership Construire et faire vivre un projet de service utile et opérationnel Cadrer, écrire et faire vivre le projet de service avec le cadre et les équipes. Voir la formation →
Management & Leadership Comprendre et manager les différentes générations à l'hôpital Faire travailler ensemble internes, jeunes praticiens et seniors sans opposer les générations. Voir la formation →
IA & Transformation Manager avec l'IA générative (IAG) : outils pour le pilotage d'équipe et le leadership Structurer l'information du service et préparer ses arbitrages avec l'IA générative. Voir la formation →
Management & Leadership Réguler les conflits durables dans les équipes hospitalières Sortir des conflits installés entre praticiens, soignants et administratifs du service. Voir la formation →

Évolution de carrière

La chefferie de service est la première marche des responsabilités médicales institutionnelles :

Départ Praticien hospitalier Activité clinique, concours CNG
Vous êtes ici Chef de service Direction d'une structure interne
Étape suivante Chef de pôle Pilotage d'un pôle, contrat de pôle
Horizon Président de CME Gouvernance médicale de l'établissement

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre chef de service et chef de pôle ?
Le chef de service dirige une structure interne, au plus près des équipes, des internes et des patients : c’est l’échelon de référence pour la qualité des soins et l’encadrement de proximité (article L6146-1-1 CSP). Le chef de pôle pilote un regroupement de services et signe le contrat de pôle avec le directeur. Les indemnités marquent l’écart : 200 € brut par mois pour un chef de service, 400 € pour un chef de pôle (arrêtés du 4 novembre 2021).
Comment devient-on chef de service à l'hôpital ?
Il faut d’abord être praticien, le plus souvent praticien hospitalier titulaire après le concours national du CNG. Le chef de service est ensuite nommé par décision conjointe du directeur et du président de la CME, après avis du chef de pôle (article R6146-4 CSP). Ni concours ni diplôme spécifique : la légitimité clinique et la confiance de l’équipe pèsent d’abord.
Combien gagne un chef de service hospitalier ?
Sa rémunération est celle de son statut de praticien, plus une indemnité de fonction de 200 € brut par mois (arrêté du 4 novembre 2021). Pour un praticien hospitalier à temps plein, les émoluments vont de 4 634 € brut mensuels au 1er échelon à 9 368 € au 13e (arrêté du 8 juillet 2022, montants au 01/07/2023), hors service public exclusif, gardes et astreintes.
Quelle est la durée du mandat de chef de service ?
Quatre ans, renouvelables dans les mêmes conditions (article R6146-4 CSP, décret n° 2022-202 du 17 février 2022). Il peut être mis fin aux fonctions avant terme dans l’intérêt du service, par décision conjointe du directeur et du président de CME après avis du chef de pôle.
Le chef de service est-il le supérieur hiérarchique du cadre de santé ?
Non. Le cadre de santé relève de la ligne soignante (cadre supérieur, direction des soins), le chef de service de la ligne médicale (chef de pôle, président de CME). La loi Rist les place en binôme : le service est dirigé par le chef de service « en étroite collaboration avec le cadre de santé » (article L6146-1-1 CSP). C’est un co-pilotage, pas une subordination.

Textes et références

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